POUET

Je suis comme nous. Je suis devin. Je suis angélisme. Je suis prédation.

J’apprends la discrimination. J’apprends le vide. Je vomis l’unanimité. Celle qui me pousse à nous satisfaire. Celle qui me pousse à nous mentir. Celle qui me pousse à nous trahir. Suis-je un traitre ? Évidement. Quel-traitre ? Celui qui ne peut plus vous faire passer devant lui. Celui qui ne peut plus vous servir avant lui. Celui qui ne peut plus supporter les hauts le cœur que suscitent les plats que vous ne voulez pas ingérer.

Longtemps l’enseignement de la bienséance m’a résolu à nous séduire pour être. Longtemps j’ai cru que la politesse était une arme de reconnaissance massive. Le respect de la morale était un prétexte pour ne pas jouir. J’ai longtemps voulu nous ressembler ou ressembler à ce que je percevais de nous. J’ai tout donné. J’ai tout fait pour être reconnu par mon père, j’étouffais pour sauver ma mère. Pour respecter cette noblesse, pour m’aligner à ce dogme je me suis travesti. Je me suis avili, je me suis prostitué, je me suis rabaissé. Je me suis nié, je me suis vendu. Sous prétexte de ne pas vous déranger je me suis caché, je me suis tapi dans l’ombre, vous séduisant par ma lumière pour vous dévorer dans l’obscurité.

Je suis ce que vous sentez. Je suis l’ange et le démon, je suis l’homme et la femme, je suis votre amant et votre bourreau, je suis l’enfer et le paradis.

Ici je souffre de mon amnésie. Ici plus je me souviens plus je veux rentrer chez moi. Pourtant plus je me souviens plus j’aime expérimenter ici. Plus j’aime nos pleurs et nos sourires. J’aime nos cachettes et nos façades. J’aime le courage avec lequel nous nous rencontrons. J’aime la puissance avec laquelle nous nous démasquons. J’aime sentir notre odeur. J’aime caresser notre peau. J’aime la poésie de nos regards et j’aime la sueur de nos enlacements.

Je veux nous diviser. Je veux nous individualiser. Je veux nous séparer. Je ne veux pas nous ressembler, je ne veux plus nous satisfaire. Je ne veux plus me fondre dans la masse, je ne veux plus vivre de notre considération, je ne veux plus vivre de notre reconnaissance. Pourtant tout cela m’est indispensable drogué au regard de l’autre que je suis alors oui, je suis. Sous les feux de nos projecteurs je suis timide, petit, sans talent, sans sens, sans message, sans intérêt, sans magnétisme, sans courage, apeuré de projeter notre rejet.

Alors je suis, alors je vais, alors je rêve, alors je crée, alors je nous reconnais. Les uns après les autres, les unes après les autres. Je nous regarde, je nous contemple, je nous invente, je nous construis, je nous détruis.

Pourquoi faire ? Pour rien. Pour jouer. Par impossibilité de ne pas ressentir. Par impossibilité de ne pas refuser. Par impossibilité de ne pas accepter. Par impossibilité de ne pas créer.

Où allons-nous ? Là  où nous avions décidé de nous rendre. Comment y allons-nous ? Par un maximum de chemins de traverses parce que l’aventure c’est sacré ! Pourquoi y allons-nous ? Parce qu’aussi génial que nous soyons, cela nous a inspiré d’oublier pour nous redécouvrir.

J’y vais avec toi. Non pas que nous devons le choisir, ici il ne peut en être autrement.

Categories: Textes

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