POUET

Tes sourires, ta voix, tes rires me manquent.

Je te pleure mon amour. Je pleure ma culpabilité de ne plus t’accompagner chaque jour. Je pleure le manque de cette lumière, de cette simplicité, de cette présence que tu m’enseignais. J’ai peur de ne plus être ton papa. J’ai peur de ne pas t’être fidèle. J’ai peur de t’avoir abandonné.

Pourtant mon cœur ce que j’ai choisi, je l’ai choisi par amour. C’est bien par amour que j’ai choisi de prendre soin de moi, de ne plus nous mentir, de ne plus te laisser au milieu d’une bataille qui n’était pas la tienne. Je n’étais pas ton papa à ta naissance ici mon ange. Je l’ai été après mais pas suffisamment pour que nous puissions vivre ensemble sans ta maman. Alors j’ai choisi de m’effacer. J’ai choisi de vous laisser toutes les deux jouer au jeu qui vous appartient et qui ne me concerne pas.

Ta maman je l’ai aimé très fort et je l’aimerai toujours. Elle m’a beaucoup enseigné. Elle m’a beaucoup montré et son dernier cadeau a été de m’apprendre à me choisir. Elle m’a appris à ne plus chercher à rendre les autres heureux à leur place. Ta maman m’a montré comme je ne pouvais pas aider et aimer quelqu’un d’autre que moi. Ta maman m’a appris à choisir de ne plus me maltraiter.

Mon petit ange je me souviens de ton courage, de ton entrain à l’heure de faire tes premiers pas. Je me souviens de tes incompréhensions devant un monde parfois obscur. Je me souviens de tes premiers mots, de tes manières et de ta sensibilité lorsque encore bébé tu t’étais blottie contre moi pour me réconforter.

J’ai mal de ne plus te regarder dormir. J’ai mal de ne plus t’entendre chanter. J’ai mal de ne plus être en contact avec ta joie, de ne plus réconforter tes peurs. J’ai mal de ne plus te regarder grandir, de ne plus découvrir le monde à travers tes yeux.

Mon ange je serai toujours près de toi. Il te suffira de penser à moi, il te suffira de me poser tes questions pour entendre mes réponses. Il te suffira de t’en remettre à moi pour me sentir près de toi. Il te suffira de lever les yeux au ciel pour apercevoir mon visage. Il te suffira d’écouter ce qui vit dans ton cœur pour ressentir la tendresse que je te porte.

Ce monde qui t’entoure est ton terrain de jeu. Rien ne t’est interdit ici, ou plutôt si, je t’interdis de t’oublier. Je t’interdis de passer derrière les autres. Je t’interdis de penser que quelqu’un ou quelque chose ici est plus important ou plus puissant que toi. Je t’interdis de croire que tu n’es pas capable, pas suffisante, de croire que ce que tu es n’est pas aimable, pas légitime. Je t’interdis de ne pas vivre tes rêves. Je t’interdis de ne pas vivre ta folie.

En toi sommeille tout ce dont tu as besoin. En toi sommeille la totalité de tout ce que tu ne seras jamais. En toi résident toutes les réponses dont tu as besoin. Ecoute-toi ma fille. Écoute ce qui vit en toi. Écoute ce qui t’inspire et va, tombe, relève-toi et retombe. C’est le jeu ici ma fille. Nous sommes venus ressentir, nous sommes venus aimer, nous sommes venus pleurer, nous sommes venus détester, nous sommes venus embrasser. Tu es une graine qui germe ma fille. Comme à l’intérieur de la graine sommeil l’arbre millénaire, en toi sommeille la femme flamboyante que tu seras. Écoute tes rêves et laisse-les te montrer le chemin.

Tu seras toujours ma fille mon ange. Je serai toujours ton papa. Nous nous retrouverons. Le moment venu nous serons à nouveau réunis. Le moment venu nous rirons à nouveau tous les deux.

Categories: Textes

4 Responses so far.

  1. Séverine dit :

    Waou magnifique et très touchant…

  2. Véronique dit :

    Merci Romain pour cette chanson d’amour. Je suis touchée-coulée, émue et remuée, bousculée-bercée par toute la beauté de ton expression.
    Merci pour ce message-partage.
    See You

  3. Béatrice dit :

    Merci Romain de mettre les mots sur ce que je vis dans l’absence auprès de mon fils tant aimé… douloureux et quand même réconfortants.

    S’effacer… c’est peut-être bien la clé de l’unité au cœur de notre…MON humain tourmenté, bousculé, passionné, fou…

    Merci

  4. Julien dit :

    Merci pour ce partage.
    Ce soir , et les autres jours, je prendrais un peu plus intensément encore, ma fille dans mes bras.

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