POUET

Je ressens cette douleur. Je communie avec ta peine. Je suis en contact avec ce vertige mais ta volonté de comprendre, ta volonté de te débattre et de trouver des solutions t’éloigne de ton cadeau.

Ta condescendance et ta volonté de te voir comme le nombril du monde t’encouragent à croire que tu peux soigner le monde. Ce qui te fait te retrouver également dans la peau de celle qui peut détruire le monde. Tu omets dans cette histoire que chacun créé ce dont il a besoin. Ton fils a besoin de vivre son aventure. Tu n’empêcheras pas ton fils de vivre ses sommets et de traverser ses déserts. Tu n’empêcheras pas ton fils d’être touché, fracassé et détruit par la vie. Comme tu ne pourras l’empêcher de trouver en lui les ressources dont il a besoin pour se relever, renaître de ses cendres, utiliser son expérience pour aller toujours plus précisément vers ses rêves, ses inspirations et son propre mystère. Tu n’éviteras pas à ton fils de mourir comme tu ne pourras l’empêcher de vivre.

Ce qui vit en toi est une nouvelle tentative de fuite de ta jouissance. Une fuite de ta dignité, une fuite des ressources dont regorgent les intensités qui se proposent de te traverser dans l’instant.

Oui ça fait mal. Oui c’est horrible. Oui tu contact la louve qui est prête à égorger pour protéger son petit. Regarde ça en toi. Laisse-toi toucher par ça. Laisse-toi habiter et dévaster par la réalité de cette violence et de cette puissante animalité qui t’habite.

Cette puissance est à ton service. Elle te sert à aller vers toi. Elle te sert à créer ce que tu veux . Ton fils te permet d’entrer en contact avec le sens qui vit au fond de toi. Il te rappelle que tout peut s’arrêter d’un instant à l’autre et que tu n’es pas ici pour figer quoi que ce soit mais pour vivre ce qui brûle au fond de toi.

Il apprend à s’aimer en te regardant. Il s’autorise à s’aimer à la mesure avec laquelle tu t’autorises à t’aimer. Il s’autorise à se relever à la mesure avec laquelle tu t’autorises à te relever.

Tu veux qu’il ait le meilleur manuel pour être heureux ? Laisse-le vivre sa vie et va vers ta propre jouissance. Vas vers l’endroit où tu ne peux plus t’abandonner. Vas vers l’endroit où le rencontrer est une chance, un cadeau, un partage, une communion et non une responsabilité, une angoisse et un fardeau.

Pour trouver cet endroit il te faut reconnaitre, traverser et anoblir ta culpabilité, tes angoisses et ce que tu as posé en fardeau comme autant de boucs émissaires pour ne pas aller vers tes sommets.

Tu n’as rien à calculer dans ce mouvement. Chaque scène, chaque interaction te propose toujours d’être traversée par l’intensité la plus juste. L’ingrédient qui t’offre de profiter de ce mouvement perpétuel est la foi. La confiance que tu t’octroie. La confiance avec laquelle tu reconnais que ce que tu sais être et tout le reste de l’univers est réglé, coordonné et soigné par la même intelligence, la même puissance. Cette même conscience permet à l’univers d’accoucher de la vie telle que tu la connais. Cette même intelligence régit le cours de ton existence dans ses moindres détails.

Lorsque tu souhaites voir l’erreur dans cette création tu te coupes, tu te salis, tu te violes. Tu laisses ta prétention à tout comprendre et ton narcissisme s’octroyer la puissance ultime de trier le bien du mal, de diviser ce qui devrait être de ce qui ne devrait pas être.

Personne n’y comprend rien. Personne ne sait où nous allons. Ce qui autrefois a été vécu comme de lourdes erreurs s’est avéré par la suite être le puits de ressources inestimables dans ton aventure. L’univers est régi par cette règle : ce que tu vis te mène sur le chemin de tes rêves. Que tu choisisses de te vivre en victime ou en créateur cela importe peu. Ce que tu es est programmé pour se souvenir. Petit à petit tu t’approches inéluctablement de ton désir le plus grisant : vivre ton mystère, te délecter de tes merveilles et entrer en amour avec tes terreurs.

Oublie ces histoires.

Aime-toi. Tu es belle. Ta beauté est divine et ta laideur est délicieuse.

Dis au monde le jeu qui t’inspire aujourd’hui et remets-le en question au rythme des découvertes dont ton aventure recèle.

Categories: Textes

5 Responses so far.

  1. Karoll dit :

    Votre texte m’est offert juste au bon moment ..MERCI MILLE FOIS.

  2. Nicolas S dit :

    Votre texte est fracassant..MERCI
    J’ai perdu mon fils de 20 ans dans un accident de voiture il y 6 mois..

  3. Nouchka dit :

    Ce partage m’est aussi offert à bon escient …
    Avec toute ma gratitude

  4. Isabelle dit :

    Encore merci pour ce ces textes qui touchent à L’ÂME.
    C’est tellement difficile de lâcher de faire confiance de s’aimer….

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