POUET
Impuissance, échec, humiliation, trahison, viol.
 Quelle est cette extériorité que tu tentes d’amadouer, de juguler, de domestiquer ? Quelle est cette vérité devant laquelle tu te prosternes au point de trahir ton propre ressenti ? Quelle est cette bienveillance qui t’enseigne d’accepter de te laisser trahir, qui t’enseigne d’accepter de te laisser salir ?
Tes enfants meurent. As-tu oublié que c’est le cadeau que tu leur as offert en leur donnant la vie ?
 
Ton déni t’empêche d’ouvrir les portes de ton trésor. Tes œillères transforment ton paradis en enfer.
Tu as besoin de tes larmes. Tu as besoin de tes cris. Tu as besoin de ta rage. Tu as besoin de ta tendresse. Tu as besoin de ta sensualité.
 
Tu n’as pas besoin de ces facultés pour faire quelque chose. Tu n’as pas besoin de bien utiliser ce que tu es pour devenir ou changer quelque chose ici. Ces facultés, ces sens sont tes trésors. Les intensités qu’ils perçoivent et traduisent sont le trésor de ton existence.
 
Lorsque ton bout de chou est malade écoute la peur qui monte en toi. Écoute la violence avec laquelle la culpabilité d’être une mauvaise mère t’envahit. Écoute comme la peur d’échouer, la peur de mal faire, la peur d’aggraver les choses te terrasse. L’intensité qui jaillit de cette vérité est ton trésor. Réagis comme il te plait mais offre toi le trésor de cette intensité.
 
Lorsque ton amoureux découche et fait l’amour avec une autre. Lorsque ton esprit sent ce qui se vit entre eux. Lorsque tu sens leurs corps se mélanger. Lorsque la nausée t’envahit devant ces scènes. Plonge et laisse-toi posséder par cette intensité. Laisse-toi terrasser. Mets les genoux à terre, pose ton front à terre et pleure, hurle, convulse mais vis cette colère, entre en contact avec l’inacceptable.
Comme tu le sais la nuit la plus obscure à toujours accouché des rayons du soleil. Tu sais aujourd’hui qu’aucune chute ne t’empêchera de te relever. Alors profite des chutes comme des ascensions. Elles regorgent chacune de charmes et d’aventures dignes d’être appréciées.
 
A mesure que tu embrasses la dichotomie entre la souveraineté de l’autre dans son expérience et la réalité de ce que la mise en scène t’inspire, tu peux plonger, goûter et te délecter de toujours plus d’intensité offertes par ta réalité.
 
Tes enfants transmutent ce qui les traversent et la « maladie » fait partie des chemins qui opèrent la mise à jour maintenant disponible. Ton amoureux te propose de choisir pour toi ce qui te convient en te poussant aux limites de l’acceptable.
 
Tu ne peux pas te tromper. Ton choix est divin.
 
Tant que tu mettras leurs conditions devant la tienne. Tant que leur « bonheur » passera devant le tien, alors ils vivront leurs aventures et tu seras spectatrice. Tu vivras ta vie par procuration à travers leurs légendes. Et pour ne pas entrer en contact avec ta lâcheté, tu leur reprocheras. Tu nous reprocheras de ne pas te laisser ta place, de ne pas te faciliter la vie. Comme si nous pouvions créer à ta place. Comme si nous pouvions choisir pour toi. Comme si nous pouvions t’aimer à ta place.
 
Tu es belle comme tu es. Sois celle qui anoblit, honore et sanctuarise les trésors de ton ressenti.
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