POUET
 
 
Te crois-tu trop mineur, trop incapable que tu souhaites te rassurer par tes lois ? Tes lois se sont immiscées si profondément dans ton intimité que, ce qui se vit entre toi et toi crève de déshonneur.
 
Crois-tu qu’il faille que l’on t’interdise de tuer, de violer, d’escroquer, de salir et de profaner ? Crois-tu ne pas être capable de discerner dans l’instant ce qui convient de ce qui ne convient pas ? As-tu trop peur que ce qui ne convient pas à ta morale puisse exciter ton inspiration dans un instant que tu ne connais pas encore et que tu ne saurais contrôler ? Crois-tu sérieusement que tes lois te protègent ?
 
Tes lois te protègent de toi. Ta morale te protège de toi. Ta bienséance t’asphyxie. Tes règles sont douloureuses, tes principes sont macabres.
 
Tes lois et ta morale ont été conçue pour te préserver du chaos et tu passes ton temps à contempler, revendiquer et vendre que le monde qui t’entour est chaotique. A quel moment vas-tu reconnaître que ni toi ni aucun des humains qui t’entourent n’ont besoin de tes lois et de tes règles pour vivre ce qu’ils sont ? Quand vas-tu te relever et cesser de vendre ta peur de mourir, ta peur d’être violé contre une sécurité qui t’asphyxie et te fait vivre une tiédeur infernale ?
 
Le danger que je t’inspire te regarde. Ce danger reflète ta capacité à créer. Ce danger t’appartient. Tu es dangereux. Tu es merveilleuse. Tu reconnais le danger chez moi comme si j’avais le pouvoir de te faire visiter un lieu, un état que tu ne souhaites pas expérimenter. Crois-tu vraiment que j’ai ce pouvoir ? Crois-tu que quelqu’un ici peut t’emmener là où tu ne souhaites pas te rendre ? Et crois-tu que je t’y emmène plus que tu m’y conduis ?
 
Tu ne meurs pas parce que tu prends des risques. Tu ne vis pas parce que tu choisis la sécurité. Tu ne jouis pas parce que tu es plus capable. Tu ne souffres pas parce que tu es inférieur. Il n’y a pas de corrélation entre tes actes et ce qui se produit dans ce monde. Tes actes ont pour seul conséquence de t’offrir de jouir de ce qui vit en toi maintenant ou non. Tes actes ne changent rien. Tu ne peux rien guérir ici et tu ne peux rien détruire ici.
 
Combien d’entre nous on trouver de l’or, ramené des merveilles de nos prisons, de nos enfers, de ces déserts que l’on ne souhaite pas voir se profiler. Combien d’entre nous se sont transcender, se sont reconnu, se sont aimé et se sont autoriser comme jamais en expérimentant ce qu’ils sont dans ces endroits. Et tu voudrais protéger toi et les tiens de cela ? Il serait plus rapide de leur trancher la gorge immédiatement plutôt que de tenter de les protéger des terreurs et des merveilles de leur aventure terrestre.
 
Ici tu vis ce qui te tombe déçu. Ici tu te découvres à travers le mystère, à travers la surprise. Ta volonté de sécurité ne te protège de rien. Ta volonté de sécurité fait de toi un petit chefaillons.
 
Vas te faire foutre avec tes lois et tes règles. Vas te faire foutre avec tes il faut, avec ta volonté de te rassurer sur tes choix en nous imposant de suivre ton chemin. Ton chemin est le bon, mais ce n’est pas le nôtre.
 
Comment crois-tu que nos ancêtres ont pu partir en guerre ? Comment crois-tu que des millions d’humains ont pu s’unir autour d’une inspiration plus importante que leur peur de la mort ?
 
Ils l’ont fait en reconnaissant que vivre n’a de sens que pour vivre ce qui vie en soi. Si vivre est refuser la mort au point de vivre mourant, au point de mourir vivant, alors vivre n’est qu’infernal.
 
Nous aimons à moquer et mépriser la pulsion qui a fait prendre les chemins du front à des millions d’humains. Mais avons-nous vraiment besoin de salir le fond de leur mouvement sous prétexte que la forme ne fait plus sens pour nous ?
 
Oui les tranchés ne t’inspirent pas. Oui l’idée de vivre pour trouver celui ou celle qui saurât te terrasser n’est plus une obsession de mort honorable. Oui donner ta vie pour une machine économique et guerrière ne t’inspire pas. Ça c’est la forme.
 
Le font est lui empreint d’une spiritualité après laquelle tu cours. Ces humains vivaient pour honorer le sens qui brûlait en eux. Ces humains n’ont pas vendu leur liberté contre une sécurité létale. Ces humains ont épousé leur rêve.
 
Cette idée n’est pas nouvelle. Tu crois pouvoir te préserver de la mort. Tu crois comprendre, contrôler et maîtriser, ce qui en conséquence t’invite à tenter d’éviter les accidents.
 
Imagine un monde dans lequel la science que tu connais n’existe pas. Imagine un monde où les étoiles ne peuvent se concevoir autrement que par leur mystère. Imagine un monde dans lequel les cadavres sont aussi naturels et quotidien que l’eau des fleuves, un monde dans lequel la mort danse toujours autour de toi. Imagine un monde qui ne peut se faire croire qu’il contrôle quoi que ce soit. Imagine un monde qui te dépasse, un monde sans limite, un monde qui se contemple, un monde dans lequel anges et démons dansent devant tes yeux pour ton plus grand plaisir.
 
Pourquoi nos ancêtres étaient plus croyants ? Ils l’étaient parce que leur prétention au contrôle ne tenait pas la route. Ils l’étaient parce que l’évidence de l’expérience de cette dimension renvoie aussi à l’incompréhensible et à l’incontrôlable…
 
Ce monde n’a pas changé. Tu vis dans le même monde que tes ancêtres. Leur expérience et leur puissance coule dans tes veines. Tu t’es juste fais croire que tu avais compris. Tu te fais croire que tu peux conceptualiser, cloisonner et entériner ce qui est réel de ce qui ne l’est pas. Tu te moque de toi. Cette vérité n’est même pas la tienne. Ton expérience de l’instant contredit ce postulat. Cette vérité t’a été enseignée. Cette vérité ta éteint. Ce rêve n’est pas le tient.
 
Il y a de la vie au-delà de viole. Il y a de la vie au-delà du massacre. Il y a de la vie au-delà de la terreur. Il y a de la vie au-delà de la mort. La vie foisonne ici. La vie foisonne partout. La vie se moque de nos règles et de nos lois. La vie est. La vie détruit, massacre, viole et renaît de sa fécondité. Tu n’as aucun pouvoir sur ce mouvement, tu n’as aucun pouvoir sur ta mort, tu n’as aucun pouvoir sur ta vie.
 
Tu es la vie. Rien de ce que tu dis, rien de ce que tu fais ne te condamne pour une peine plus longue que celle qui te convient. Ce que tu es renaît de ces cendres, se transcender et accoucher toujours de sa fertilité.
 
Ta colère est belle, ta haine est puissante, ton orgueil est digne, ton rêve est vitale. Les intensités traduites par ces mots ne t’enlèvent rien de ta générosité, de ta tendresse et de ta créativité. Tu es tout ça et tu ne le changeras pas.
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