POUET

Le risque n’entraîne pas la mort. La sécurité ne garantit pas la vie. Jouir n’est pas une récompense. Souffrir n’est pas une punition. Il n’y a pas de corrélation entre tes actes et ce qui se produit dans ce monde

 

Fais comme il te plaît. Accorde-toi le luxe de cet instant sur mesure. cette possibilité de reculer autant qu’il plaira. Ce privilège du ridicule, de la lâcheté, du courage, du repos et de l’ennui

 Les bouquins inspirent mais ils mentent. C’est le cadeau qu’ils t’offrent. Ils t’offrent d’exciter ton désir de jouer. Ils mentent sur ce que le jeu te réserve pour te garantir la surprise

Vivre n’est pas dangereux. Mourir n’est pas dangereux. Ce que tu ressens n’est pas dangereux. Ce que tu ressens est ce que tu ressens. Tu pourras invoquer tous les gardiens que tu veux pour t’interdire d’en profiter, cela n’enlèvera rien à la réalité de tes terreurs comme à la réalité de tes merveilles.

Si pour rester près de moi tu refrènes ta pulsion de vie je finirais par devenir à tes yeux le diable en personne. Je deviendrai le symbole de la mort de ton désir. Le symbole de la mort de ta sensualité. A chaque fois que tu te refrènes pour nous convenir tu te massacres.

Nous t’aimons parce que nous t’aimons. Nous ne savons pas faire autrement. Respire, rien ne pourra changer cela. Nous savons t’aimer d’une infinité de manières. Délecte-toi de toutes ces danses, de toute cette sensualité mais n’y vois aucune cohérence. Nous saurons nous justifier dans un sens comme dans l’autre bien incapable de reconnaître que nous t’aimons sans raison.

Pose l’acte plaisant. Écoute ce qui te fait plaisir. Suis ce qui te fascine, ce qui te captive, ce qui te fait oublier le temps lorsque jouer ton art se suffit en soi. Notre société est si complète qu’elle embrasse toutes les danses, des arts de la paix à ceux de la guerre ton champs des possibles est total, ton inspiration est souveraine.

Tu es la vie. Rien de ce que tu dis, rien de ce que tu fais ne te condamne pour une peine plus longue que celle qui te convient. Ce que tu es renaît de ces cendres, se transcende et accouche toujours de sa fertilité.

Tu n‘as pas à bien paraître. Tu n’as pas à être aimable. Tu n’as pas à nous revendre ta bienveillance frelaté. Trépigne autant qu’il te plaira, plonge dans tes caprices, vis tes compulsions, honore ta lâcheté, hurle ta colère, abandonne autant qu’il te plaira. Nous sommes comme toi. Nous sommes impatients, capricieux, lâches, mesquins, traîtres et bourreaux. Et comme tu le vois chez toi cela ne nous empêche pas d’être aimants, tendres, courageux, fidèles, géniaux et délicieux.

Lorsque la réponse à la question « est-ce que je veux mourir » est une réponse que tu ne peux pas dessiner et choisir seul chacun matin, à chaque instant, alors tu n’es pas souverain de ta propre mort. Et si tu n’es pas souverain de ta propre mort comment veux-tu être souverain de ta propre vie ? Cette question est la tienne. Sa réponse ne regarde que toi.

L’enfer est pavé de bonnes intentions comme le paradis est pavé de mauvaises intentions. Et si au fond ce que l’on devait retenir dans tout ça n’était que les pavés ?
Et si ce qui comptait là-dedans n’était que de vivre son intention ? Jugée bonne par les uns, mauvaise par les autres. Et si on laissait aux « autres » la liberté de vivre l’enfer ou le paradis sur nos pavés ?

Ce que tu es a toujours été et sera toujours.
Ce qui tu sais être dépend de ce dont tu te souviens de ce que tu es.
En fonction de ce que tu sais être, ce que tu expérimentes de qui tu es peut-être très différent. Pourtant rien de ce que tu es ne disparaît jamais.

Ce que tu sais faire c’est voyager sur différents plans, différents niveaux de perception de ce que tu es. Si aucun de ces plans ne disparaît jamais, lorsque ton voyage te mène vers de nouvelles contrées, les anciens décors de ton chemin ne sont plus. Les anciens décors n’ont plus de sens. S’ils vivent en toi et recèlent d’instants gravés pour l’éternité, tu n’as pourtant plus rien à y faire.

 

Aucune voie ne m’offrira le malheur de vivre sans goûter du terrible au merveilleux de ce que je suis.

 

Et si je ne pouvais échapper à mon trésor ! Et si, quoi que je fasse je n’avais aucun pouvoir quant à l’épanouissement de mes rêves ! Et si, me délecter de l’obscurité de mes nuits d’angoisses ne savait pas retarder l’avènement des premiers rayons de soleil ! Et si, apprécier, ressentir et me laisser posséder par mon malheur n’avait pas le pouvoir de me faire échapper à mon bonheur ?

 

Ne crois pas que tu as le moindre choix dans cette histoire. Ce que ton cœur, ta candeur et tes tripes veulent tu ne pourras te le cacher bien longtemps. C’est une autre manière de parler du rêveur, de l’inventeur, de l’aventurier, du voyageur et du génie qui officient à l’endroit où le réel n’a de sens que pour être mystérieux, terrifiant et merveilleux.

 

Rien ne presse. Inexorablement tu voyages vers le fruit de tes choix. Inexorablement tu es guidé vers le vœu de tes prières. Tu n’as rien à faire, à choisir ou à penser pour cela. Ton souhait est déjà exaucé. Laisse la magie se produire. Pleure autant que nécessaire. Ris autant qu’il te plaira. Traîne, procrastine, jette-toi à corps perdu si le cœur t’en dit. Si ton comportement ne change pas la destination il a cependant une incidence directe sur la manière dont tu t’autorises à jouir de ce qui est maintenant en toi. Le jeu est gratuit. Tu as le droit de te brider, de te contraindre, de t’astreindre à la discipline ; comme tu as le droit de t’expanser, d’échouer, de transgresser, de dépasser les bornes et d’abuser.

 

Il n’y a pas d’échappatoire. Rien ne me protège de rien. Chacun de ceux qui partagent ma réalité vont vivre. Chacun de ceux qui voyagent près de moi vont aimer, être aimés, détester et être détestés. Ils vont aussi souffrir le martyr et jouir comme ni eux ni moi ne savons même le concevoir. Ils vont s’écrouler, ils vont visiter leurs abysses et à chaque chute ils se relèveront et une fois de plus ils iront visiter leurs sommets.

 

Le sujet de ton existence c’est ce que tu ressens. Le sujet de ton existence c’est ce qui vit en toi maintenant. Le sujet c’est l’attraction, la répulsion, la jalousie, la haine, le désir, le dégoût.
Les cadeaux sont les intensités que tu traduis par tous ces mots. Les trésors sont ce qui se produit en toi. Le trésor est si disponible que s’en est déroutant. Trop beau pour être vrai. Trop facile pour être rentable. Le cadeau c’est d’embrasser et de mordre comme et quand il te plait.

 

Ce que tu perçois, ce que tu comprends n’est jamais vrai. Ce que tu perçois est une source d’inspiration, une invitation à jouer, une invitation à prendre le chemin. Mais jamais tu ne touches l’info qui te préserve pour l’éternité. Jamais tu ne te protégeras de la terreur. Jamais tu ne te protégeras de l’émerveillement. Jamais tu ne te protégeras de la surprise.

 

Il y a de la vie au-delà du viole. Il y a de la vie au-delà du massacre. Il y a de la vie au-delà de la terreur. Il y a de la vie au-delà de la mort. La vie foisonne ici. La vie foisonne partout. La vie se moque de nos règles et de nos lois. La vie est. La vie détruit, massacre, viole et renaît de sa fécondité. La vie embrasse, cajole et caresse sans permission. Tu n’as aucun pouvoir sur ce mouvement, tu n’as aucun pouvoir sur ta mort, tu n’as aucun pouvoir sur ta vie.

 

Il n’y a pas pire ailleurs. Personne ne souffre plus que toi. Personne ne jouit plus que toi. Aucun des humains qui partagent ton réel n’est mieux ou moins bien loti que toi. Chacun d’entre vous se contemple. Chacun d’entre vous se détruit. Chacun d’entre vous se construit. Toutes les formes de conscience que tu perçois sont en face de leur équation personnelle. Aucune de ces équations n’est plus facile, aucune n’est plus difficile.

 

Plonge en toi, plonge dans tes abysses, nourris-toi de cette vie, de cet univers qui grouille en toi. Ne trie plus tes merveilles de tes terreurs. Ce qui se produit en toi ne se comprend pas. Ce qui se produit en toi se vit. Délectes-toi, reste prêt de toi et saute dans tous les trains, ouvre toutes les portes qui t’inspirent. Tu es chez toi, tout ce qui t’entoure est à toi, tout ce qui vit en toi t’es offert, personne ne pourra choisir d’en profiter à ta place comme personne ne choisis de le nier à ta place.

 

Voilà un monde qui n’a pas d’autre sens que celui que tu veux lui donner. Alors amuse toi, vis, sois ! Et ne sois pas inquiet je suis là. Je serais toujours là pour t’offrir le supplément d’âme nécessaire lorsque devant ton choix tu hésiteras, lorsque devant ton rêve tu douteras !

 

Laisse ton ombre te façonner lorsque c’est le moment mais n’oublie jamais ta lumière. Accepte de tout perdre. Accepte de mourir à toi. Reconnais que tu sais renaître où et quand tu le décides. Tu n’es jamais en danger. Tu n’es jamais menacée. Tu flippes juste d’assumer à quel point tu sais que tu es belle et ce quoi que tu sois.

 

Laisse vivre les Hommes. Laisse vivre le monde. Laisse mourir les Hommes. Laisse mourir le monde. Le monde choisit pour lui et ça ne te regarde pas. L’humanité choisit pour elle et ça ne te regarde pas.

 

Ce gamin il te suffit de t’adresser à lui pour sourire. Il te suffit de l’écouter pour te souvenir que ce que tu es n’est pas quelque chose qu’il faut prendre au sérieux. Mais une opportunité pour ressentir, pour t’amuser, pour te mettre en colère. Une opportunité pour goûter, pour embrasser, pour rejeter, pour accueillir, pour fuir, pour revenir, pour rester et partir.

 

Ta réalité n’est que poésie. Ta réalité n’est que stimulation, attraction et répulsion. Ta réalité te demande de la modeler, de l’ordonner et de jouer avec ta création. Jamais tu ne comprends. Jamais tu n’aboutis. Jamais tu ne sauves. Jamais tu ne condamnes.

 

Le mental est comme les experts de tous bords qui interviennent à la télévision. Ils répondent à la fois à la précision de la question qui leur est posée et ils répondent aussi en fonction de la réponse qui est attendue par leur interlocuteur. Si ma question n’est pas précise ou orientée et si je ne veux entendre qu’une seule réponse, alors forcément…

En même temps ça fonctionne comme ça aussi. La réponse que je reçois cadre bien le réel que je choisis d’expérimenter.

Et lorsque je voudrais approfondir et préciser mon besoin en écoutant une réponse qui peut dépasser les limites de mes propres convenances, alors mon mental et moi nous commencerons une nouvelle danse, un nouveau chapitre dans notre relation.

 

Apprendre à voler ne s’effectue pas sur le plat d’une plaine sans risque. C’est lorsque tu te jettes dans le vide que tu sais trouver les ressources pour ouvrir tes ailes. C’est lorsque tu as réellement besoin de voler que tu trouves en toi le manuel adéquat pour te souvenir comment faire.