Je te sens, je te sais, je nous vois. Je te vois, tes forces, ta grâce et tes doutes. Je vois tes élans, je vois ton courage, je vois ton feu, je vois ton avenir, je vois tes fractures.

Je te vois me voir. Je me vois t’étourdir, je te vois m’admirer, je te vois me désirer, je te vois te faire peur, te faire mal, je te vois me voir souffrir, je te vois me regarder me perdre et me retrouver sans jamais savoir par où et comment.

Je nous vois apercevoir l’iceberg sur lequel nous nous sommes déjà fracassé et je nous sens nous crisper, je sens nos angoisses et nos psychoses qui prennent place. Elles hurlent, elles demandent du connu, de la sécurité, elles agitent la peur de devenir fou et de mourir. Les adolescents brisés nous montrent que nous n’avons pas réussi à les oublier, les traumas d’hier s’engouffrent par cette brèche et sont le sel qui embrase la plaie qu’on avait cru disparu.

Je t’aime, et je ne sais plus ce que ça veut dire. Je t’aime et ça ne promet tellement rien. Je t’aime et je ne sais pas où ça mène.

Je t’aime et rien de ce que tu fais ne peut le changer. Je t’aime et aucun de tes manquements ne peut le changer. Je t’aime et je rage de ne rien pouvoir pour toi. Je t’aime et je sens déjà ce que ta disparition lèvera en moi. Je t’aime et je sais que mon cœur se brisera lorsque nous nous oublierons.

Je t’aime et je te vois sentir mes blessures, mes handicaps et ma fébrilité. Je te sens souffrir de me regarder en équilibre rire, danser et faire comme si je n’étais pas à chaque instant au bord du gouffre. Pourtant, tu sais, depuis le début je joue avec l’extinction définitive, depuis le début je suis un funambule qui laisse la mort et la vie l’animer à leur guise. Depuis le début je m’effondre et je me relève toujours plus beau. Ne me protèges pas, même si j’ai peur, même si je hurle à l’aide, ne me protèges pas. En fait je sais faire, je sais marcher, je sais vivre. Même si je l’oublie ne me protèges pas. Même si je m’oublie ne t’oublies pas.

Tu vas briller comme tu ne sens pas encore ce que ce mot peut vouloir dire. Tu vas aimer comme tu ne sais pas encore que c’est possible. Tu vas respirer comme tu ne sais pas que tu es capables. Je regarderai ce spectacle avec joie et je saurai ce spectacle sans le voir si mes yeux n’y sont pas invités. Qu’importe, nous rirons, nous pleurerons et nous oublierons.

Je t’aime et c’est marqué pour l’éternité sur une petite ligne du livre de cet univers. J’ai lu cette ligne, j’ai trouvé cette ligne cachée en petit caractères dans le chapitre de cette galaxie. J’ai déjà gagné, c’est incroyable que cette ligne m’ait trouvée. Merci d’avoir traversé les espaces et les temps jusqu’à moi, merci de t’être souvenu, merci d’exister.

J’me laisse aller avec toi, toi, toi, toi, toi…

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