Ce fut pour moi comme une bouffée d’oxygène

Je te remercie pour ce stage que j’attendais avec grande impatience et dans lequel je m’étais tellement projetée.

Ce fut pour moi comme une bouffée d’oxygène même si je ne suis pas sortie de l’hôtel de deux jours. Disons plutôt que j’y ai trouvé un lieu, dans lequel j’ai pu respirer plus librement, exprimer d’autres aspects de mon être que je ne m’autorise pas à laisser vivre.

L’échange avec Séverine a été particulièrement douloureux. Je sentais comme deux aimants qui se repoussent. Ce qu’elle m’a dit m’a fait très mal et en même temps m’a permis de sortir du carcan de la gentille petite Evelyne qui ne ferait pas de mal à une mouche et qui m’a valu de laisser certaines personnes « pisser sur mes plates-bandes » comme tu dis si bien. Ce qui en fin de compte est un manque de respect pour moi-même.

Ça m’a tellement secouée que je n’ai pas trouvé d’autre alternative que de lui faire mal en retour en la provocant et en restant dans mon transat. En y repensant, j’ai réalisé que ce n’était pas qu’à Séverine que je faisais du mal. J’ai vu combien je peux être dure envers moi-même. Quand je la voyais se tortiller sur sa chaise, je voyais ma douleur, mon incapacité à tenir assise et à laisser ma « génitalité » je ne sais pas si le mot existe, mais disons, ce qui me relie à ma sexualité, ma féminité, être en contact avec la chaise. Mon sexe, voilà le mot est sorti !

Ce fut très étrange aussi pour moi d’entendre d’autres personnes que mon mari me dire que j’étais belle, et c’est d’ailleurs plus acceptable.

Je suis étonnée de tout ce que j’ai entendu de moi, car c’était des choses que je savais déjà mais qui étaient sans doute restées au niveau du mental sans que j’ai pu vivre l’émotion correspondante.

Autre chose qui m’a étonnée aussi, je suis la seule personne à qui tu n’as pas demandé pourquoi elle était venue. Ou peut-être ne l’ai-je pas entendu?

En tout cas, je me suis régalée et j’ai bien envie de recommencer.

Concernant la conférence, j’ai beaucoup aimé la méditation, ça change de toutes ces méditations où c’est toujours très beau très doux, très mielleux. J’ai vu le volcan en éruption quelques secondes avant que tu l’évoques, puis la vie qui renaît de ses cendres, encore plus belle.

J’ai apprécié ton attitude face à l’homme qui te poussait dans tes retranchements pendant la conférence. Je n’y ai pas vu de la faiblesse mais au contraire une certaine noblesse. Il fallait que quelqu’un lâche l’affaire sinon on y serait encore.

Je te remercie surtout d’avoir joué le jeu avec nous à la fin et de nous avoir permis de nous voir en toi. J’ai trouvé que ça contribuait à casser le mythe du gourou qui enseigne, qui sait tout sans rien dévoiler de ce qu’il est, de ses forces comme de ses fragilités.

Voilà , pour faire plus court, je me suis éclatée au point qu’avec Béatrice on songe à renouveler l’expérience.

Je t’embrasse, au plaisir de nous rencontrer à nouveau.